Avant de commercialiser leurs solutions, les fabricants de rupteurs sont invités à produire les preuves de leur efficacité. Performances thermiques et structurelles, résistance au feu, isolation acoustique… Le CSTB est le seul organisme habilité à juger de la réelle pertinence de ces dispositifs.

  • 0 Première Atex
  • 0 Premier avis technique
  • 0 Avis technique modifié
    (zone sismique)

Du concept au chantier : le long chemin de la certification

Derrière l’apparente simplicité des rupteurs thermiques se cachent des milliers d’heures de recherche et de développement. Dès 2005, les industriels ont commencé à plancher sur les solutions à mettre en œuvre afin d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments. Objectif pour les ingénieurs : limiter les déperditions de chaleur au niveau des ponts thermiques sans altérer la structure des bâtiments. Pour parvenir à leurs fins, les industriels se sont appuyés sur leur propre expertise ainsi que sur celle de laboratoires spécialisés.

Dans le cas du rupteur Slabe, la validation de la pertinence du procédé a été réalisée en collaboration avec des équipes de recherche de l’Insa et de l’IUT de Rennes. Après plusieurs mois d’intensives recherches, les premiers prototypes voient le jour. Restait l’étape de la certification. Le marché ne saurait en effet se contenter d’un procédé qui n’a pas été validé par les experts du CSTB. Pour les promoteurs du produit, cette démarche a été l’occasion de confronter leurs travaux à un regard extérieur qualifié.

Il existe deux types de certification. L’appréciation technique d’expérimentation (Atex) est une procédure d’évaluation qui permet un premier retour d’expérience sur la mise en œuvre du ou des procédés. Souvent, cette certification ne s’applique qu’à un projet unique. Ce fut le cas de l’Atex obtenue en 2009 par le rupteur Slabe. L’Avis technique (Atec), quant à lui, garantit l’efficacité du procédé quel que soit le bâtiment dans lequel il est utilisé. L’obtention de cette certification constitue un véritable sésame pour les industriels.

Petits mais costauds
En matière de résistance structurelle, les fabricants de rupteurs prévoient une marge de sécurité importante par rapport aux valeurs obtenues lors de la phase expérimentale. La quantité d’efforts que les produits Slabe sont effectivement en mesure de supporter est au moins 3 fois supérieure au domaine d’emploi revendiqué.

Les avis techniques du CSTB sont délivrés pour une durée de 3 à 7 ans. Pour obtenir une prolongation de cette certification, l’industriel est tenu de  soumettre à nouveau son dossier au groupe d’experts. Ce mode de fonctionnement impose aux acteurs de continuellement revoir leur copie et garantit le dynamisme de l’innovation

Lucie Monot, membre du groupe « Planchers et accessoires de plancher » au CSTB
  • 0 Rupteurs sous Avis
  • 0 Solutions pour zones sismiques
  • 0 sociétés proposant des solutions certifiées
  • 3 à 7 ans Durée des avis techniques

Les rupteurs sous avis jusqu’en 2021

Les experts du CSTB instruisent la demande d’Avis technique en vérifiant notamment la validité des preuves apportées. Le seul critère retenu est celui de la fiabilité scientifique et technique. Autant dire, qu’il convient de montrer patte blanche !

En 2012, COHB Industrie est le premier acteur du secteur à obtenir la validation du CSTB pour son rupteur Slabe. Cet avis ne s’applique dans un premier temps qu’à sa gamme destinée aux zones non sismiques.

Deux ans plus tard, le premier rupteur adapté aux contraintes des régions à risque sismique obtient le blanc seing du CSTB. La certification des rupteurs thermiques (gamme statique et sismique) court jusqu’en 2021.

Une armée d’experts :
Le pôle d’expertise du CSTB se répartit en 22 collèges dédiés aux différents aspects liés à la construction d’un bâtiment. Chacun d’entre eux est composé d’une quarantaine de spécialistes. Les demandes de certification adressées par les fabricants de rupteurs thermiques sont orientées vers le collège « Planchers et accessoires de plancher

Les essais en laboratoire portant sur les performances structurelles des rupteurs consistent à soumettre une maquette à échelle réduite aux efforts que subissent habituellement les bâtiments (cisaillements verticaux et horizontaux). Pour mimer ces effets en laboratoire, on utilise un ou plusieurs vérins.

COHB Industrie propose deux gammes de rupteurs (statiques ou sismiques). La version standard de son produit (Slabe Z) permet de répondre à plus de 80 % des cas de charge de plancher.